Aengus, Le Dieu Irlandais de l’Amour


< Retour au Glossaire Celtique

Óengus (Old Irish), Áengus (Middle Irish), ou Aengus or Aonghus (Modern Irish) était le Dieu Irlandais de l’Amour. Son père était Dagda, le père des Dieux , protecteur des Druides. Sa mère était la Déesse Boann, déesse de l’eau.

Aengus était extrêmement beau. Quatre oiseaux planaient sans cesse au dessus de lui. Un jour, Aengus tombe amoureux d’une mystérieuse jeune fille, qui hante ses rêves depuis de nombreuses nuits. Avec l’aide de son père, il va tout d’abord rechercher son nom, et finit par découvrir que c’est la fille d’Ethal Anbuail , un prince de l’Autre Monde, de Connacht, et qu’elle se prénomme Caer. Le Dagda et Aengus partent alors dans leurs chars pour aller lui demander sa main. Mais à leur arrivée, Ethal leur précise que Caer est plus puissante qu’Aengus, et que celui-ci devra la conquérir seul, sans aucune aide. Ethal est finalement contraint de révéler que le mystère de sa fille tient dans le fait qu’elle vit en alternance une année sous la forme d’une femme et l’autre année sous la forme d’un cygne.

Image

Aengus reprend alors sa route et finit par retrouver Caer près d’un lac, sous l’apparence d’un Cygne. Entourée de nombreux autres cygnes, leur particularité était qu’ils portaient tous une petite chaîne d’argent. Caer promet à Aengus de s’unir à lui mais uniquement à la condition qu’il accepte de la laisser retourner au lac.

Ils s’embrassent puis finissent par  s’endormir sous la forme de deux cygnes. Ils s’envolent trois fois autour du lac. Aengus tint sa parole, et Caer resta à ses cotés …

Voici le texte intégral  (traduit par Christian-J. Guyonvarc’h)

AISLINGE OENGUSSO
(LE RÊVE D’OENGUS)

1. Oengus était une autre nuit dans le sommeil. Il vit quelque chose : une jeune fille venant vers lui au chevet de son lit. C’était la plus belle fille qui fût en Irlande. Oengus allait lui saisir les mains pour la prendre avec lui dans son lit quand il vit quelque chose : elle avait fait un bond loin de lui. Personne ne savait où elle avait disparu. Il fut là jusqu’au matin et il n’avait pas l’esprit sain. La forme qu’il avait vue sans pouvoir lui parler le rendit malade. La nourriture ne lui allait plus dans la bouche. Il fut là encore une nuit et il vit une cymbale dans sa main, la plus belle qui fût. Elle lui joua de la musique et elle l’endormit. Il fut là jusqu’au matin et il ne prit aucun repas le lendemain.

2. Une année pleine passa pour lui et pour elle à ces visites de cette manière et il devint amoureux. Il ne dit rien à personne. Il tomba donc en langueur et personne ne savait ce qu’il avait. Les médecins d’Irlande sont assemblés. Ils ne surent pas finalement ce qu’il avait. On alla trouver Fingen, le médecin de Conchobar. Il vint vers lui. Il reconnaissait au visage de l’homme la maladie qui était la sienne et il reconnaissait à la fumée qui sortait d’une maison le nombre de ceux qui étaient malades.

Illustration : Ted Nasmith

3. Il lui parla à l’écart : “ Eh bien ! Tes aventures ne sont pas heureuses ”, dit Fingen, “ tu aimes d’amour quelqu’un qui est absent ”. “ Tu as jugé ma maladie ”, dit Oengus. “ Tu es tombé dans un état lamentable et tu n’as osé le dire à personne ”. “ Tu as raison ”, dit Oengus, “ une belle jeune fille est venue vers moi, de la plus grande beauté qui soit en Irlande, et de l’air le plus distingué. Elle avait une cymbale à la main et elle m’en jouait chaque nuit ”. “ Il n’importe ”, dit Fingen, “ il a été choisi par toi d’avoir son amitié. Envoie des messagers de ta part à Boann, ta mère, pour qu’elle vienne te parler ”.

4. On alla la trouver. La Boann vint alors. “ Je suis en train de guérir cet homme ”, dit Fingen, “ qui est atteint d’une grave maladie ”. Ils dirent les nouvelles à Boann. “ Que sa mère s’occupe de lui ”, dit Fingen, “ il est atteint d’une grave maladie, qu’il soit fait par toi un tour de toute l’Irlande pour savoir si tu peux obtenir une jeune fille de l’apparence de celle qu’a vue ton fils ”. On continua à chercher pendant un an. Il ne fut rien trouvé qui lui ressemblât. Fingen fut alors appelé à nouveau vers eux. “ Il n’a été trouvé aucune aide en cette affaire ”, dit Boann. Fingen dit : “ Envoyez chercher le Dagda pour qu’il vienne parler à son fils ”.

5. On alla chez le Dagda. Il vint aussi. “ Pourquoi ai-je été appelé ? ”. “ Pour conseiller ton fils ”, dit Boann. “ Il vaut mieux que ce soit toi qui l’aides. il est lamentable qu’il périsse. Il est en langueur. Il aime d’amour quelqu’un qui est absent et on ne trouve pas d’aide pour lui ”. “ A quoi servira-t-il que je lui parle ? ”, dit le Dagda, “ je n’en sais pas plus long que toi ”. “ Tu en sais plus, certainement ”, dit Fingen, “ car tu es le roi des side d’Irlande. Que l’on aille de ta part trouver Bodb, roi du Sid de Munster, car sa science est réputée à travers toute l’Irlande ”.

Ted Nasmith

Illustration : Ted Nasmith

6. On alla le trouver. Il leur souhaita la bienvenue. “ Soyez les bienvenus ”, dit Bodb, “ ô gens du Dagda ”. “ C’est pour cela que nous sommes venus ”. “ Avez-vous des nouvelles ? ”, dit Bodb. “ Nous en avons : Oengus, fils du Dagda, est malade depuis deux ans ”. “ Qu’a-t-il ? ”, dit Bodb. “ Il a vu une jeune fille pendant son sommeil. Nous ne savons pas où se trouve en Irlande la jeune fille qu’il a aimée et qu’il a vue. Il t’est demandé de la part du Dagda de rechercher en Irlande une jeune fille de cette apparence et de cette distinction ”. “ Elle sera recherchée ”, dit Bodb, “ mais laissez-moi un délai d’un an avant que je sache des nouvelles ”.

7. On alla au bout d’un an chez Bodb, au Sid de Femen . “ J’ai exploré toute l’Irlande et j’ai trouvé la jeune fille à Loch Bel Dracon, à la Harpe de Cliach ”, dit Bodb. On alla de leur part trouver le Dagda. On leur souhaita la bienvenue. “ Avez-vous des nouvelles ? ”, dit le Dagda. “ Nous avons de bonnes nouvelles. La jeune fille de l’apparence que tu as dite a été trouvée. On te mande de la part de Bodb. Que Oengus vienne avec nous vers lui pour qu’il reconnaisse la jeune fille et qu’il puisse la voir ”. On emmena Oengus en char jusqu’au Sid de Femen. Un grand festin fut organisé par le roi à cause de lui. On lui souhaita la bienvenue. Ils furent trois jours et trois nuits à ce festin. “ Sortons maintenant ”, dit Bodb, “ pour reconnaître la jeune fille, et pour que vous la voyiez. Mais même si tu peux la reconnaître, je ne suis pas capable de la donner, tu ne peux que la voir ”.

8. Ils partirent alors pour le lac et ils virent les cent cinquante jeunes filles adultes. Ils virent la jeune fille parmi elles. Les jeunes filles ne lui arrivaient qu’à l’épaule. Il y avait une chaîne d’argent entre chaque couple de jeunes filles. Elles avaient un collier d’argent autour du cou et une chaîne d’or fin. Bodb dit alors : “ Reconnais-tu la fille là-bas ? ”. “ Je la reconnais vraiment ”, dit Oengus. “ Je ne puis rien faire de plus pour toi ”, dit Bodb. “ Peu importe ”, dit Oengus, “ puisque c’est celle que j’ai vue et que je ne pourrai pas l’emmener cette fois-ci. Qui est cette jeune fille, ô Bodb ? ”, dit Oengus. “ Je le sais en effet ”, dit Bodb, “ c’est Caer Ibormaith, fille d’Ethal Anbual, du Sid de Uaman, dans la province de Connaught ”.

Illustration from The Dream of Aengus, by Ted Nasmith

Illustration : Ted Nasmith

9. Oengus et ses gens partirent alors pour leur pays. Bodb vint avec lui et ils s’adressèrent au Dagda et à Boann dans le Brug du Mac Oc. Ils leur racontèrent les nouvelles et ils leur relatèrent comment était la jeune fille, tant pour la beauté que pour la distinction, telle qu’ils l’avaient vue. Ils dirent son nom, le nom de son père et de son grand-père. “ Nous regrettons ”, dit le Dagda, “ nous ne pouvons … ?… ”. “ Ce qui serait bon pour toi, ô Dagda ”, dit Bodb, “ ce serait que tu ailles trouver Ailill et Medb, car c’est chez eux, dans leur province, qu’est la jeune fille ”.

10. Le Dagda alla dans le pays de Connaught, avec une escorte au nombre de soixante chars. La bienvenue leur fut souhaitée par le roi et la reine. Puis ils furent une semaine entière à festoyer autour des bières qu’on leur servait. “ Qu’est-ce qui vous amène ? ”, dit le roi. “ Il y a dans ton domaine ”, dit le Dagda, “ une jeune fille que mon fils aime et qui est cause de chagrin pour lui. Je suis venu vers vous pour savoir si elle peut être donnée à mon fils ”. “ Qui est-ce ? ”, dit Ailill. “ La fille d’Ethal Anbual ”. “ Nous n’avons aucun pouvoir sur elle ”, dirent Ailill et Medb, “ si nous le pouvions, elle lui serait donnée ”. “ Le mieux à faire, c’est que vous convoquiez le roi du sid ”, dit le Dagda.

11. L’intendant d’Ailill alla le trouver. “ On te mande de la part d’Ailill et de Medb de venir t’entretenir avec eux ”. “ Je n’irai pas ”, dit-il, “ et je ne donnerai pas ma fille au fils du Dagda ”. On rapporta cela à Ailill. “ On ne peut pas obtenir qu’il vienne ; il sait pourquoi il est appelé ”. “ Il m’importe ”, dit Ailill, “ il viendra et on apportera les têtes de ses guerriers en même temps que lui ”. Puis l’escorte d’Ailill et les gens du Dagda se dirigèrent vers le sid. Ils envahirent tout le sid. On en emporta soixante têtes et le roi fut emmené prisonnier à Cruachan.

Ted Nasmith

Illustration de Ted Nasmith

12. Ailill dit alors à Ethal Anbuail : “ Donne ta fille au fils du Dagda ”. “ Je ne le peux pas ”, dit-il, “ son pouvoir est plus grand que le mien ”. “ Quel grand pouvoir a-t-elle donc ? ”, dit Ailill. “ Ce n’est pas difficile. Elle est sous la forme d’un oiseau pendant un an ; elle est pendant une autre année sous la forme humaine ”. “ En quelle année est-elle sous forme d’oiseau ? ”, dit Ailill. “ Ce n’est pas à moi de la trahir ”, dit son père. “ Ta tête ”, dit Ailill, “ si tu ne nous le dis pas ”. “ Je ne persiste pas plus longtemps ”, dit-il, “ et je vais vous le dire, car vous avez l’air si décidés à la prendre ; : à la Samain prochaine elle sera sous forme d’oiseau à Loch Bel Dracon. On verra une troupe d’oiseaux merveilleux en même temps qu’elle, et il y aura cent cinquante cygnes autour d’eux. Je me prépare à être avec eux ”. “ Cela n’a aucune importance pour moi ”, dit le Dagda, “ puisque je sais sous quelle nature je les ai mises ”.

13. La paix fut conclue entre eux, à savoir Ailill, Ethal et le Dagda. On libéra Ethal. Le Dagda en prit congé et retourna chez lui dire des nouvelles à son fils. “ Va à la prochaine Samain au Loch Bel Dracon de façon à l’appeler à toi sur le lac ”. Le Mac Oc vint au Loch Bel Dracon et il vit cent cinquante oiseaux blancs sur le lac, avec des chaînes d’argent et des boucles d’or autour de leurs têtes. Oengus était sous forme humaine au bord du lac. Il appela à lui la jeune fille. “ Viens me parler, ô Caer ”. “ Qui m’appelle ? ”, dit Caer. “ C’est Oengus qui t’appelle ”. “ J’irai si tu me promets sur ton honneur que je reviendrai dans le lac demain ”. “ Je me charge de ta protection ”, dit-il.

14. Il alla à elle. Il tendit les deux bras vers elle. Ils dormirent sous la forme de deux cygnes et ils firent par trois fois le tour du lac. Il n’y eut et il n’y aura là rien qui lui fasse perdre son honneur. Ils partirent sous la forme de deux oiseaux blancs et ils allèrent au Brug du Mac Oc. Ils chantèrent ensemble de la musique et ils plongèrent les hommes dans le sommeil pendant trois jours et trois nuits. Puis la jeune fille demeura avec lui.

15. C’est à cause de cela qu’il y eut amitié entre le Mac Oc, Ailill et Medb. C’est pour cela que Oengus vint avec sa “ trente-centaines ” chez Ailill et Medb pour la Razzia des Vaches de Cooley. Et c’est le Rêve d’Oengus, fils du Dagda, que le nom de cette histoire dans la Razzia des Vaches de Cooley.

Source / Illustrations : Visitez le Site Officiel de Ted Nasmith > Cliquez ici

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s