Le costume gaulois, hypothèse de restitution et topo de réalisation


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« Randa Ardesca »: un archéosite à visiter  à Saint Alban-Auriolles

Voici notre lien  » Coup de Coeur  » du jour :  Une compilation des sources disponibles pour aider à la confection de costumes gaulois masculins et féminins, avec l’aide du Musée Velzeke (Belgique) qui a ouvert leur collection de costumes et les résultats de leur travail sur le textile à l’âge du fer à Randa Adersca, archéosite à visiter à Saint Alban-Auriolles (en Ardèche)

D’où vient le nom Randa Ardesca ?

– Randa signifie  » frontière »  (le Chassezac marquait la frontière entre les Volques Arécomiques qui étaient les gaulois du Gard actuel, et les Helviens qui étaient les Gaulois de l’Ardèche actuelle)

– Ardesca est le nom de l’Ardèche de l’époque.

Le costume gaulois, hypothèse de restitution et topo de réalisation

Les archéologues ont mis au jour un certain nombre de textiles gaulois de l’âge du fer. Il est rare pourtant de retrouver des vêtements entiers.  Cet aticle présente  un certain nombre de propositions pour la restitution de costumes gaulois. On parvient à ces proposition en croisant les sources archéologiques sur les textiles au second âge du fer,  les découvertes archéologiques de la période du Hallstatt (tombes princières, mines de sel), les sources archéologiques et textuelles de la période gallo-romaine, les découvertes faites au Jutland dans les tourbières, les sources écrites grecques et romaines sur les gaulois.

I. Les textiles de l’âge du fer et leur décors

  • Quelle matière choisir pour restituer un costume gaulois ?

– Le Lin : Pline l’Ancien « Les gaules entières tissent de voiles de lin »  Il semblerait que certains peuples préfèrent utiliser le cuir pour les voiles de leur navire : César précise que les voiles des vénètes sont en cuir. Les lin est tissé avec une armure en toile, sergé ou chevron. Les sources donnent peu de précision sur les couleurs ou les motifs

– Le Chanvre  : retrouvé dans la tombe princière de Hochdorf (Hallstatt). Utilisé par les Germains, les preuves archéologiques de son utilisation en Gaule manquent.

– La Laine : La laine gauloise est décrite par les auteurs anciens comme grossière et rêche.
Tissage : toile, chevrons, sergé, laine avec mèche (ce tissage ressemble un peu à de la fausse fourrure). On trouve peu de laine unie  à l’époque gauloise (Les vêtements unis et drappés se développeraient avec l’influence greco-romaine).

– Fourrure : La fourrure  est très peu présente dans les tombes, on retrouve en revanche des textiles avec des poils intégrés au tissage ( poils de blaireau intégré à un textile par exemple)

– Le Cuir : rarement retrouvé ( cuir de chien) : plutôt réservé aux guerriers

– Le Feutre : chapeau, bonnet, manteau, semelles de chaussures.

  • Quels tissages et ornements ?
Proposition de restitution detextiles de l'âge du fer, collection du musée de Velzeke

La trame : On trouve des tissus en toile bien que ce tissage simple soit plus représentatif du néolithique, en chevron ou sergé. Le métier à 4 barres de lice est inventé au Bronze récent. Les métiers à tisser gaulois sont des métiers à 4 barres de lices. Ils mesurent de 70 cm à 1m20 de large. Les pesons sont de forme trapézoidales pyramidales. On trouve également des pesons de forme triangulaire.

Les Motifs : Carreaux, rayures, tartans, couleurs vives seraient fréquents dans les costumes celtes.

Les Galons : les galons aux plaquettes sont tissés sur les bords du tissus. Ils sont rares.

Les Brocards : Des fils peuvent être ajoutés sur le tissu pour créer des motifs en relief.

La Broderie : Pas de certitude sur la broderie.

La Peinture : Des bandes peintes sur les tuniques dans les costumes gallo-romain.

De manière générale le décor est plutôt constitué par le motif du tissu (carreau, rayure, tartan)

  • Quelles couleurs ?

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Des expérimentations sur les teintures historiques ont été réalisées par Bénédicte Soquet (Artisans d’Histoire – Les Tissages d’Elantia ; Cie de la Branche Rouge). Elle décrit chaque plante, donne les recettes de préparation qu’elle a expérimentées et propose un nuancier. Plutôt tournée vers l’an mil, puisqu’elle recense toutes les plantes utilisées à cette période, cette publication donne aussi des informations sur les plantes tinctoriales de l’antiquité. Elle  est disponible ici

 

Le costume féminin se compose de trois éléments qui peuvent être superposés quand les températures le nécessitent. La tunique la plus courte et la plus épaisse est toujours portée sur le dessus.

– Une tunique longue en lin

Elle est constituée de 4 rectangles, 2 pour les manche, 1 devant, 1 derrière. Elle est sans manche, à manche longue ou mi longue.  La Laine souvent rêche peut être portée sur une tunique en lin. L’encolure  est simple (une partie non cousue au niveau de la tête),  ronde, ronde avec attache, triangulaire comme le suggère le chaudron de Gundestrup.

Robe de femme, Chaudron de Gundestrupe

Une tunique en laine 

De 3 mains et demi de large en forme de T, longueur  cheville ou au dessous du genoux. Ouverte en bas au centre ou sur le côté.

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– Un péplos : Il s’agit d’un gros tube de laine très large ( 1m50 environ) replié sur le dessus et maintenu par des fibules au niveau des épaules. Le peplos peut remplacer la tunique en laine. On retrouve des exemples de peplos au Ve siècle avant J.-C. au Danemark et à l’époque gallo-romaine. Il pourrait s’agir d’un vêtement plus riche que la tunique en laine.

Péplos en laine du Ve siècle avant J.-C.

– Les braies, chaussette  ou chausses :

Les gauloises pouvaient porter sous leur tunique des chausses ou chaussettes. Elles se retrouvent, en tous cas au IV e s après J.C. dans une tombe de jeune fille.

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Le chaudron de Gundestrup suggère aussi que les femmes pouvaient porter braies  et /ou tunique courte quand elles avaient une activité de guerre ou de chasse.

Gundestrup Cauldron 006-detail

– Une saie ou manteau : Il est carré ou rectangulaire, tissé d’un seul tenant comme une couverture. Il peut être décoré de frange ou de bandes (tissées aux plaquettes ou brocardées) qui forment un liséré intégré au textile. Il attaché par une fibule. Il est assez vaste pour protéger des intempérie ou servir de couverture. Il peut être porté jeté sur une épaule.

III. Le costume masculin

gaulois homme
– Les braies : Les braies sont caractéristiques des costumes gaulois et germains de l’age du fer. Elle peuvent être bouffantes ou près du corps. Dans l’iconographie romaine le haut des braies s’enroule autour de la ceinture qu’il cache.

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– La tunique
Selon Strabon, « la tunique gauloise descend jusqu’aux parties et à la chute de reins. » C’est également ce que suggère le chaudron de Gundesrup :

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Avec ou sans manches, en forme de T composé de 2 rectangles (avant et arrière) + 2 rectangles rapportés pour les manches.Les tuniques sont portées avec ou sans ceinture.

Tunique de Hochdorf, restitution du Musée de Velzeke

On superpose une tunique fine en lin puis une ou deux tuniques en laine. Le vêtement de dessus peut être un tissage à mèche (imitation de fourrure). La tunique peut être décorée de courtes franges, de pompons,  peut être de bandes peintes comme c’est le cas de tuniques gallo-romaines.

– Une saie (sayon) ou manteau : Il est carré ou rectangulaire tissé d’un seul tenant comme une couverture. C’est un tissage de couleur vive à raie, carreau, motif tartan ou uni orné de bandes tissées aux plaquettes ou brocardées (Hochdorf). Il est attaché par une fibule sur les épaules. Il est assez vaste pour protéger des intempéries ou servir de couverture. Il peut être porté jeté sur une épaule. Ce vêtement est mentionné par Diodore et Strabon.

On peut le rapprocher des manteaux germains trouvés à Thorsberg : manteau d’une pièce tissé et non coupés. Les manteaux germains peuvent mesurer 3 m sur 1m 80. Ces manteaux  sont entourés de lisérés, tissés aux tablettes pour décorer le tissu et le renforcer. Le sayon est fait d’une laine épaisse.

– Le Cucullus :  Ce vêtement n’est semble-t-il pas porté par les femme (Dans l’iconographie gallo romaine). Il descend jusqu’à mi torse ou à la taille. le capuchon est rapporté.

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IV. Les accessoires

– La ceinture : Il peut s’agir d’une cordellette nouée, d’une longue bande d’étoffe à décor ou d’une ceinture en cuir à boucle.

– Les chaussures :

Les brogues: On a retrouvé ces chaussures ouvertes en cuir dans des mines de sel du Hallstatt. On connait d’autres exemples au Danemark et pour l’époque gallo-romaine. Le chaudron de Gundesrup montre des personnages chaussés de chaussures qui ressemblent à des brogues.

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chaussures gundetrup

Ce type de chaussure est disponible un prix intéressant chez cet artisan : http://www.leder-peter.com/carbatinae.php

Les bottines : l’iconographie gallo-romaine donne quelques exemples de bottines

Les chaussettes en laine : Dans une tombe gallo-romaine (les Martres de Verye),une  sépulture de jeune fille contenait ses vêtements, bien conservés. La jeune morte portait des chaussettes en laine en sergé constituées par un tube cousu sur l’arrière et fini en haut par des franges. Ces bas montant au-dessus du genou étaient cousus à une pièce de sergé (chausson) cousu sur le dessous du pied.

Les chaussons en laine : la même sépulture livre des chaussons en laine épaisse cousus sur le dessous du pied et fermé par une petite attache sur le coté.

Les Bandes molletières : Les bandes molletière sont semble-t-il plutôt des accessoires gallo romain portés par les chasseurs ou les bergers.  Genieviève  RocheBernard pense qu’elles remplacent en Gaule romaine les braies qui donne au costume une connotation trop indigène.

Les Echarpes :  L’iconographie gallo romaine montre de longues écharpes en laine parfois ornées de frange : posées sur l’épaule, nouées autour du cou, glissées dans l’encolure, ou maintenant le cucullus en place.

Vêtements larges ou près du corps ?

 

 

A l’époque gallo-romaine les découvertes archéologiques suggèrent des tuniques très larges permettant un drapé ou blousé grâce à l’ajout d’une ceinture.

 
On ne sais pas s’il s’agit d’une influence romaine ou d’une habitude indigène. Le chaudron de Gundesrup suggère que les tuniques, robes et braies étaient portées près du corps, mais les figurations des vêtements résultent peut être d’un parti pris esthétique. Il s’agit peut être aussi d’une mode locale.

 

 

Ce chaudron daté du II e siècle av J.-C. a été retrouvé au Jutland dans une tourbière, il aurait été élaboré en Europe Centrale.

 

Pour les braies, les auteurs latins précisent qu’elles étaient portées larges ou près du corps selon les peuples.

Bibliographie

– Genieviève  RocheBernard, Costumes et Textiles en Gaule Romaine
– Hubert Masurel, Les Tissus à l’age du Fer, Archéologia N° 189, Avril 1984
– Margarita Gleba ed, Dressing the Past
– Katarina von Kurzynski, Textilefunde und Textiletechnologie der Hallstatt und Latenzeit und ihr kontext, International Archaologie 2
– Karl Schlabow, Textilfunde der Eisenzeit in Norddeutschland
– Collections de costumes gaulois du Musée de Velzeke, Belgique.
– Photographies du chaudron de Gundesrup, musée national à Copenhague

Pour citer cet article :

Florence Cerbaï, Le costume gaulois, hypothèse de restitution et topo de réalisation, randa-ardesca.com, mai 2014

Note : Une première version de cet article à été publié en 2011 sur le site internet de la Compagnie de la Branche Rouge : branche-rouge.org

Infos pratiques

Le Grand Cercle Celtique vous invite chaleureusement à prendre contact avec Randa Adersca , voici ci dessous, leurs coordonnées :

BenjCombat

Ouvert du 1er août au 15 septembre 2014

Tous les jours  de 10h à 13h et 15h à 19h, fermeture du 15 au 18 août

Entre 13H et 15H, le site ferme au public, mais vous pouvez revenir l’après-midi avec le même billet. Durant ces heures chaudes de la journée, il vous est possible d’aller déjeuner dans un des restaurants des alentours (plusieurs restaurants à Saint Alban Auriolles) ou d’aller pic niquer et vous baigner sur l’une des nombreuses plages des environs (Saint Alban Auriolles, Grospierre, Labeaume, Ruoms, Sampzon…)

Ouverture d’automne : 31, 1 et 2 octobre pour la toussaint (Samain)
Ouverture d’hiver : 21 et 22 décembre pour le solstice d’hiver

Ouverture complète en 2015 (avril à novembre)

Tarifs

Plein tarif : 6 €
Tarif réduit (sur justificatifs moins de 18 ans, étudiants, chômeurs, bénéficiaires du RSA, habitants de la commune) : 5€
Gratuit pour les moins de 6 ans

Comment venir

Lieu dit le Ranc d’Avaine, 07120 Saint Alban Auriolles (à proximité du camping du même nom).

Sur la route entre Saint Alban Auriolles et Chandolas, à 2 km de Saint Alban.

> Voir la carte pour venir sur google map

**

Source : Randa Ardesca > visitez le site 

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3 commentaires

  • Ça pourrait vous interesser de savoir que la langue Gauloise est en train de se faire resusciter en tant que langue moderne. Tout information peut etre trouvée a: http://www.moderngaulish.com. Vous êtes priés de vous en servir comme vous désirez.

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  • Article très intéressant sur l’aspect vestimentaire. L’emploi de différents matériaux, pourtant d’usage courant il n’y a pas bien longtemps est cependant totalement omise :
    Le bois, qui sert à fabriquer les sabots, semelles de sandales, socques et galoches.
    La paille qui roulée en tresses, garnit ces sabots, mais sert aussi à fabriquer des « sabots de paille », des chapeaux.
    Les peaux des lapins, animaux les plus chassés, et autres petits mammifères, qui garnissent ces mêmes chaussons, bottes, et servent à monter pelisses, cols et bonnets, ainsi que la corne bien utile pour la réalisation de fibules et boutons.
    Une dernière chose : puissiez vous oublier les termes « Romains  » et  » Gaulois » pour ne conserver que « Celtes « , cela vous honorerait.
    Car, à bien y regarder, les Romains en « Gaulle » relèvent d’une littérature historique du 18/19 ème siècle, qui arangeait bien les gouvernements de l’époque, mais qui ne repose sur rien.
    Ainsi, le manuscrit le plus ancien de la Guerre des Gaules daterait dans le meileur des cas du 12ème siècle, il aurait donc été écrit 1300 ans après les événements évoqués: quelle mémoire orale !!!
    Quand à César qui se fait construire une flotte de navires sur la Loire pour attaquer les Bretons, si vous avez quelques notions de voile et de navigation et si vous avez déjà navigué entre l’embouchure de la Loire et le Golfe du Morbihan, vous saurez qu’un chaland à fond plat de la Loire, construit pour passer les bancs de sables, ne peut être dirigé en pleine mer, et coule à la 1ère houle venue.
    C’est histoire de la Guerre des Gaules, n’est qu’une fable, d’un ridicule indécent pour l’histoire.
    A l’inverse, l’étude de l »architecture Européenne ancienne met en évidence la généralisation des maisons à pans de bois, de L’Irlande au Portugal, jusqu’à la Russie, et la Turquie, même aire géographique que la religion chrétienne.
    (pour mémoire, les « croix Celtiques » ne sont pas des objets religieux, mais des instruments de navigation et de géométrie, connus tant pour la construction des pyramides D’Égypte, que pour la navigation Viking.
    Enfin, la langue Celte, dont dérive le français, (et non pas d’un quelconque « Latin », langue inventée et qui n’a jamais été parlé par aucun peuple) est répandue sur la même aire géographique.
    Ainsi les mots Dilun (transformé en Lundi), Dimars (Mardi), Dimerc’h (mercredi), Dimanc’h, sont les mêmes en Breton… et en Provençal.
    Et Di-manch signifie simplement le « Jour des Jeux « , (venant de « manc’h »/ ar vanc’h >> la manche, la partie >> revanche, vanguard, etc…)

    Le bonjour de Bretagne
    Cordialement
    Pierre

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  • À ne pas oublier :
    Les vêtements, c’est indispensable, surtout l’hiver..
    Les outils le sont tout autant.
    Les armes, ça peut servir, pas tous les jours quand même, ça vaut mieux…
    Mais les instruments de musique, c’est pas mal aussi…
    Et pour cela, la Cornemuse fût un instrument universellement répandu en EUROPE ( voir sur le sujet une rubrique très intéressante sur le site du ministère de la culture)

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