Interview de Philippe Bouveret dit  » Bobs « 

Interview Philippe Bouveret

Interview Exclusive de Philippe BOUVERET, dit Bobs

> Vers la page facebook de l’Artiste

Ses peintures sont absolument extraordinaires ^^. Cet artiste vit en Bretagne, libre et heureux, lorsqu’il ne peint pas,  de fouler le sol de Brocéliande qu’il défend à corps et à cris !

Auteur, illustrateur, peintre et musicien … c’est un véritable passionné ! Il prépare actuellement un ouvrage avec la collaboration de Pierre Dubois…  Prêt pour une belle rencontre ?

Vous ne serez pas déçus ! Découvrez ici ses inspirations  , ses coups de gueule, son amour pour la  nature et le dessin bien sur …

Bonjour Bobs et mille merci d’avoir accepté notre invitation. Peux-tu décrire un peu ton parcours  pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore …

Bonjour et merci de prêter un œil à mon travail. D’aussi loin que je puisse me souvenir, le dessin a toujours fait partie de mon quotidien. J’ai alors trouvé raisonnable de faire ce pour quoi j’étais destiné. Je suis rentré aux beaux-arts à Besançon où j’ai eu la chance à cette époque, d’être initié à une multitude de disciplines artistiques. Les professeurs nous ont gratifiés d’un enseignement classique avec l’exigence comme maître-mot. J’ai cependant choisi le graphisme et la communication en spécialisation, sans doute par crainte de ne pouvoir gagner ma vie comme peintre, avec une option illustration la dernière année tout de même.

Fraîchement sortie de l’école, j’ai été engagé par Didier Florentz que j’avais connu aux beaux-arts. Il gérait alors la société Flober qui faisait du multimédia .Il cherchait des illustrateurs pour se lancer dans le jeu vidéo et le Cd-rom historique. Ce fût une merveilleuse expérience de travail en équipe avec des personnes motivées et motivantes. Malheureusement ils ont dû déposer le bilan deux ans plus tard suite à des financements européens douteux. Je me suis mis ensuite à mon compte et ça dure depuis une dizaine d’années. J’ai travaillé pour l’édition, et honoré des commandes en tous genres: couverture de livres, romans, magazines, affiches etc….

Depuis la rencontre avec Daniel Maghen et Olivier Souillé, j’ai pris une toute autre orientation. Ils m’ont offert une totale liberté pour m’exprimer et depuis je ne travaille que les thèmes qui m’intéressent vraiment. Le projet que nous avions ensemble n’est pas arrivé à terme pour diverses raisons, ce qui ne m’a pas empêché de poursuivre mon travail de mon côté.

Philippe Bouveret 2

Te souviens-tu quand cette passion du dessin est née pour toi ?

Je ne pourrais pas te dire exactement quand le virus m’a frappé mais très tôt en tout cas. J’aime observer et par conséquent interpréter ce que je vois et ressens. D’ailleurs certaines peintures ou images de peintres ou d’illustrateurs dont j’admire le travail, distillent presque des odeurs je trouve.

Quelles sont les artistes qui t’ont le plus inspiré ? Brian Froud ? Franck Frazzetta ?

J’aurais bien du mal à citer tout et tous ceux qui m’influencent… Je pense que tout modifie en permanence notre vision esthétique et inversement le faiseur influence à son niveau également, c’est un échange constant. Bon, disons que le premier de la liste ou plutôt la première serait notre mère à tous… Original non ? Mais c’est la vérité. Ma principale influence est la Nature. Y a t-il plus bel artiste?

Pour parler de ses disciples, disons dans un ordre tout à fait anarchique, Brian Froud pour sa vision d’une féerie sauvage autant que sophistiquée et variée, bien sûr Frazzetta pour la puissance, l’expressivité et la simplicité de sa peinture. Bernie Wrightson pour ses encrages, ses compositions et la dynamique de ses dessins. Simon Bisley pour la puissance graphique. Alan Lee, merveilleux dessinateur d’une rare sensibilité. Alex Ross, Brom, Paul Bonner, l’ami Jean-Baptiste Monge dont j’admire le travail et l’exigence… la liste est trop longue ! Sans citer tous les courants classiques… De toute façon, j’ai une trop courte mémoire.

Philippe Bouveret

Il y’a une vraie force, une énergie incroyable, une maîtrise technique qui se dégagent incontestablement de tes œuvres : des jeux de lumières impressionnants, des compositions ultra dynamiques … Qu’est-ce qui te « motive » aujourd’hui, quand tu  démarres un dessin, une peinture ? Que recherches-tu avant tout ?

Mes motivations actuelles sont centrées principalement sur la dynamique du mouvement et l’histoire qui est racontée, presque anecdotique. Le dessin s’étoffe au fur et à mesure que le scénario se déroule dans mon esprit en essayant de garder une composition à peu près cohérente mais ce n’est pas ce qui me motive. A l’arrivée j’essaie de réaliser une tranche de vie prise sur le vif sans souci de parfaire la composition justement, un peu à la manière d’une photo mal cadrée qui révèle son contenu. Je n’en suis qu’au début des essais et j’ai beaucoup d’idées qui me viennent rien qu’en écrivant ces mots.

Ce que j’aime également dans cette démarche, ce sont les hasards qui voient le jour, avec le sentiment que l’on peut tout perdre à tout instant, comme le fait d’avancer dans une image, sans étude préparatoire, ni roughs en couleur. C’est une manière de procédé que certains trouvent risquée, mais à mon sens, cela donne du piment à l’entreprise…

Le sujet quant à lui s’impose souvent de lui-même. L’idée naît parfois dès les premiers coups de crayons, c’est la magie du dessin, d’autres fois en revanche, je dois l’élaborer à partir d’un certain nombre de roughs mais c’est très rare, en général c’est inhérent au travail de commande lorsqu’on me demande quelque chose de précis.

Tu aimes aussi la littérature fantastique, le jeu de rôle aussi … Des auteurs t’ont marqué  en particulier ?

Oui bien sur ! Les grands classiques du fantastique comme Michael Moorcock, J.R.R Tolkien, H.P Lovecraft, Terry Pratchett, Dan Simmons, Anne Rice, Asimov, Jules Verne et bien d’autres… Je ne suis pas le plus grand lecteur que le monde ait connu, loin de là. Je suis plutôt un rêveur qui invente des histoires, en fonction de mes observations et des évènements qui me frappent ou me révoltent. Je suis resté un enfant (un peu plus responsable parce que mon rôle de père l’exige) dont les yeux s’illuminent et s’étonnent toujours du mouvement des astres ou des miracles de la nature : et dont il faut réapprendre à nous en émerveiller. Je suis venu en Brocéliande pour y remédier. J’ai simplement suivi mon instinct et entendu son appel !

J’ai pratiqué longtemps le jeu de rôle avec mon ami Laurent Miny qui m’a initié à la Fantasy également. Nous avons commencé dans le milieu des années 80 sans interruption pendant une vingtaine d’années. J’ai d’ailleurs commencé mon travail d’illustrateur dans des magazines comme D20 et Casus Belli et travaillé avec Oriflam sur des compléments de jeu ainsi qu’avec Chaosium pour qui j’ai fait une couverture de l’appel de Cthulhu, un jeu inspiré du mythe de Lovecraft.

Tu écris aussi d’ailleurs ?

Oui, j’écris des essais, des poèmes, des nouvelles, des chansons… Je fais de la musique depuis presque aussi longtemps que je dessine. Les textes sont souvent assez obscurs selon les commentaires que je reçois. Je m’inspire simplement du contexte social, que certains décriront comme « privilégié» en comparaison à certains modes de vie dans d’autres parties du globe.

Philippe Bouveret 3

Un contexte social qui te fait frémir? Une réalité qui en cache une autre ?

Mon âme n’aspire en aucun cas à devenir sombre, bien au contraire ! J’aime plus que tout m’éblouir de la lumière et des merveilles que le vrai monde nous offre ! Mais nous sommes les esclaves, les jouets d’un système qui nous soumet et nous maintient dans l’apathie et la passivité. Des gens meurent en grand nombre, à deux pas de chez nous et dans le monde pour que nous puissions nous maintenir dans un confort ridicule, consenti en échange de notre silence et notre résignation face à l’inacceptable. Ils meurent au nom du progrès et du profit, de décisions prises sciemment par des politiciens maffieux et corrompus, par des exploitants peu scrupuleux, ignorants et stupides pour qui une vie humaine n’est rien d’autre qu’une monnaie sonnante et trébuchante ! Merde, la coupe est pleine! Tout ça est aujourd’hui une réalité connue et ça fait presque une trentaine d’années que je le constate sans que rien n’aie jamais évolué.

Revenons à l’illustration .Tu es passionné par la culture celte et le monde de la féerie. Tu veux bien nous en dire plus ?

Mon sujet de prédilection est sans conteste l’homme dans toutes les formes qu’il revêt. Un minotaure, une harpie, un être fée, un loup-garou, un faune, un korrigan etc. On retrouve une parcelle de son identité, de sa personnalité complexe, dans chaque créature des mythes et légendes, chacun illustrant des caractéristiques de l’être humain. Nous ne pouvons créer qu’à partir de ce que l’on observe.

J’aimerais aborder d’autres sujets mais ce n’est pas simple de tout faire à la fois mais je ne peux, pour le moment, abandonner le tiroir dans lequel je me suis soigneusement rangé. Les mythes et les cultures ancestrales m’interpellent c’est évident mais j’y vois avant tout un lien avec notre présent, imprimé des mêmes souffrances, interrogations, peurs, doutes, mâtinées d’impuissance ainsi que le courage, l’abnégation et l’héroïsme dont certains êtres sont capables. La littérature et le cinéma transpirent ces sentiments. On voit naître depuis des décennies, une nouvelle mythologie à travers le comics: le super héros n’est pas autre chose qu’une créature mythique. Le mythe du vampire est plus que jamais d’actualité. Cet être qui souffre de sa condition, impuissant à changer son destin, rempli de doutes, à qui ressemble t-il donc tant ?

Depuis longtemps, la littérature forge notre avenir dans de nombreux domaines, y compris dans celui de la création technologique car certains écrivains d’anticipation sont des visionnaires ou parfois même les bâtisseurs d’un avenir tangible, pas toujours reluisant à l’arrivée. Léonardo da Vinci en est un exemple flagrant avec ses machines volantes. Toutes ces personnes fabriquent des mythes qui ne sont rien d’autre que le reflet d’une réalité en devenir.

Tu es fasciné par toutes les cultures connectées à la terre, tu veux bien nous en dire plus?

Oui, par toutes celles qui sont en opposition aux civilisations de l’ère industrielle qui ont causé et continuent à engendrer tant de calamités. Nous aurions été avisés de continuer à vivre en harmonie avec les cycles naturels au lieu de vouloir les maîtriser pour obtenir un confort dérisoire, pour allonger notre temps de vie et en faire quoi? Passer ce temps gagné un portable collé à l’oreille ou derrière un écran ! Tout ça est une absurdité.

Nous payons aujourd’hui le prix de notre laxisme, de notre ignorance et notre détachement, victimes des abus que nous et nos parents avons commis envers cette terre qui nous a tout donné. Notre descendance devra s’acquitter d’un trop lourd tribut, démesurément élevé pour nos excès ludiques et notre folie des grandeurs… La féerie est partout autour de nous, il suffit de se pencher pour découvrir un univers merveilleux à notre portée, en ouvrant simplement les yeux !

Philippe Bouveret 4

Quels sont tes personnages ou sujets préférés aujourd’hui ?

Le Minotaure ou Asturion (né de la relation entre la déesse Pasiphaé et un taureau) c’est une créature qui me fascine . Au-delà de son aspect primaire et brutal j’y vois surtout un être captif, perdu dans son labyrinthe, contraint à la survie. C’est un laissé pour compte, un paria né du caprice d’une déesse et du rejeton d’un dieu (Poséidon) incapable de gérer sa libido, enfermé parce que sa nature est incompatible avec le monde. J’y vois une allégorie sur le thème de l’exclusion et de la déraison, une absurdité aux effets pervers comme on en constate tant.

J’aime les anti-héros en général, Elric de Melniboné, le nécromancien par exemple, qui du fait de sa faible constitution, succombe au pouvoir d’un démon nommé « Stormbringer » qui lui accorde force et pouvoir mais le prix en est démesuré. Tous les êtres qui lui sont chers payeront de leur vie ce pacte impie, lui y compris. Moorcock aborde là encore le thème de la servitude qui est un sujet qui me touche. La Harpie qui est une divinité de la destruction, contrainte de part sa nature à cet unique attribut.

J’ai de la tendresse pour les personnages imposants en apparence qui dissimulent des faiblesses aussi considérables. J’aimerais aborder également les sagas celtiques par le biais des personnages emblématiques comme Balor ou encore Cuchulainn et Lug, les décortiquer, chercher la raison et l’origine de leur existence, une explication contextuelle à leurs actes qui, bien que semblant extravagants, s’avèrent à peine disproportionnés si l’on compare à notre époque, prisonnière de la démesure, rongée par l’orgueil et l’ambition. Je me répète je crois mais tant pis !

Tu veux bien nous parler un peu de cette peinture ?

Lancelot se lance dans la dernière bataille contre Mordred. Son ambition, l’image de sa trahison, le remord, la frustration le rongent, alors naît un sentiment de haine impuissante. Dans un ultime sursaut de lucidité, il se lance dans un combat viscéral. Ces raisons ou déraisons, je les lui laisse. Je trouvais intéressant de décrire une chorégraphie, une danse de mort absurde et sanglante (pas assez à mon goût mais c’est une affiche pour de la bière tout de même…) prise sur le vif à l’arrache et quelque part épurée pour lui donner un aspect irréel, mythique où le temps se fige lorsque le héros entre en scène. Pourquoi Lancelot est roux : parce que !  Peut-être sa pilosité est-elle imprégnée de cette terre rouge qui caractérise les sentiers en Brocéliande qui me sont si chers et puis c’est à chacun d’y voir ce qu’il veut… J’ai pris le droit de refaire mon histoire…

Tu aimes toujours autant varier les supports et les formats ?

Je travaille toujours sur papier à la différence qu’aujourd’hui, je prends de la qualité ! Après m’être souvent pris des remarques dans les dents, j’ai arrêté le papier toilette…Sinon au niveau des formats, je ne varie guère pour le moment mais j’envisage de prendre de la hauteur et également de la largeur pour certains images.

Tu travailles sur quel projet actuellement ?

Je travaille sur un livre avec Pierre Dubois. Je fais des dessins et des peintures selon mon inspiration et Pierre étaye de sa belle écriture, le sujet étant principalement axé sur les créatures légendaires existantes, enrichie de ma propre mythologie selon les dires de Pierre. J’agis en qualité d’observateur/illustrateur et lui de bibliothécaire/narrateur.

Plus généralement, quel est ton avis sur le travail d’illustrateur en France ou le monde de la BD d’aujourd’hui ?

Alors là je vais sûrement te paraître très dur mais je trouve que tout le monde copie tout le monde. Je généralise, car il y a et heureusement encore quelques exceptions ! Mais si tu regardes la bande dessinée il y a vingt ans, on y trouvait une diversité de styles et de techniques c’est beaucoup moins flagrant aujourd’hui je trouve. Pareillement dans le domaine de l’illustration, il suffit qu’un artiste trouve sa voie et son style pour qu’il soit immédiatement plagié par des dizaines d’autres et je trouve ça vraiment regrettable. Un exemple, la dernière fois que je suis allé dans une librairie, je vois une série de couvertures de romans alignés les uns à côté des autres. Je me suis dit «tiens! Pas mal, cet illustrateur fait du bon travail!» Il ne s’agissait pas d’un mais d’autant d’illustrateurs qu’il y avait de livres… Toutes les couvertures ont été réalisées en numérique avec une technique similaire, un style identique, traitant globalement des même sujets, c’était impersonnel au possible et très symptomatique du nivellement que pratiquent certains directeurs d’éditions.

Est-ce que la musique a une influence sur ton travail ?

La musique a toujours été une composante essentielle dans ma vie. J’ai commencé le solfège à l’âge de 8 ou 9 ans, je crois. J’ai joué de la clarinette pendant une dizaine d’années. A 17ans, j’étais chanteur dans un groupe de hard-rock et ensuite j’ai navigué dans diverses formations punk-HC, notamment dans  «Original Disease» en 87 dans lequel j’étais guitariste et puis, je suis ensuite passé définitivement à la batterie, dans diverses formations mais je ne vais pas citer tous les noms et ça continue encore aujourd’hui. Je n’ai jamais arrêté. La musique est pour moi le moyen de déconnecter d’une réalité pesante, mon esprit contestataire me laissant peu de répit. Dans quelle mesure a t-elle une influence directe sur mon travail? Je dirais que si je suis sur une scène de bataille, je vais plutôt écouter Manowar, Iron Maiden, Dead Kennedys ou Discharge et si le thème est d’avantage auréolé de poésie ou féerique, ma préférence ira vers Brassens, la BO du seigneur des anneaux, Loreena Mc Kennitt ou Brégovic.

Tu aimes aller à la rencontre des lecteurs lors des Salons en dédicace ?

Au départ, je suis opposé à l’équation  «société-spectacle», «du pain et des jeux», ce système qui, à la base, vise à créer des divertissements, n’a que pour objectif de nous canaliser, nous manipuler et nous ranger dans des catégories d’addicts, nous y conforter et anéantir tout esprit de contestation. Je vois ça comme de l’élevage en batterie! Regarde à quoi ressemble une file d’attente dans un grand salon de Bd ou à l’entrée du stade de France lors d’un concert de Johnny, c’est éloquent!!! Je ne cautionne pas vraiment ce phénomène. Je suis opposé à tout ce qui cloisonne l’esprit par l’addiction, dont l’objectif, bien souvent, est d’élever le potentiel financier et le pouvoir de quelques opportunistes notoires ou occultes déjà bien nantis.

Cela étant dit, «ça fait partie du jeu» parait-il! Je participe, de manière sporadique, à de petits événements plus conviviaux afin de partager nos passions communes avec d’autres personnes enthousiastes. J’ai grand plaisir à offrir un dessin, d’échanger mon point de vue sur différents sujets mais je ne mâche pas mes mots lorsque nous abordons celui des salons. Les mondanités, c’est pas mon truc!

J’aime converser et échanger avec des personnes ayant aussi quelque chose à offrir. En fait c’est le principe qui est contestable mais il n’y a pas que des effets pervers. C’est une astreinte qui me fournit tout de même l’occasion de partager ma passion avec des professionnels, amateurs et profanes sans qui nous n’existerions pas et peut-être un jour l’opportunité de vivre vraiment de mon travail par l’intermédiaire d’un réseau d’amateurs rencontrés dans ces lieux. Faut pas cracher dans la soupe!

Quelle est la date de ton prochain salon ? aucune idée…

Y’a-t-il un projet que tu n’as pas encore réalisé ou un artiste avec lequel tu aimerais travailler ?

Ils sont nombreux les projets restés au fond du tiroir. Un jour  ! Lorsque mes moyens me permettront peut-être de prendre un peu de latitude, quelques uns s’en échapperont j’en suis sûr. Certains sujets moins «vendeurs» mettent plus longtemps à éclore par manque de soutien financier. Cela dit, je me sens bien dans ce que je fais actuellement. J’aurais aimé vivre au début du siècle dernier où poètes, philosophes, peintres et artistes de tous bords, se côtoyaient, généraient une synergie fabuleuse et excentrique, tout était possible sans restriction !  Cela existe encore dans certains collectifs d’artistes marginaux mais je ne suis pas prêt à tracer un trait sur mon existence actuelle, trop d’éléments m’y maintiennent pour le moment.

Quel illustrateur/rice «aux influences celtiques» aimerais-tu voir présenté dans notre Webzine ?

Je te suggère Laurent Miny qui est très cultivé dans ce domaine, c’est un ami de longue date, il sera ravi de tergiverser sur ce sujet, il est intarissable!

Quel conseil donnerais-tu à un jeune futur illustrateur passionné de Bd ?

Dans le cas ou il voudrait se lancer dans ce métier, je lui conseillerais de ne pas faire trop de compromis dans ses choix artistiques même si un conseil est toujours bon à prendre et surtout trouver un éditeur qui ne lui impose pas ses propres orientations! Si c’est un amateur de lecture, de bien fouiner, on trouve toujours des merveilles dans ce domaine mais se sont, à mon sens, rarement les albums qui figurent en tête de gondole!

Tu voulais aussi nous parler de Brocéliande et des Indiens Navajo?

Oui, juste deux choses et pas des moindres ! Brocéliande, terre sacrée et berceau des légendes celtiques, est actuellement menacée par un projet de centre d’enfouissement et de traitement des déchets de grande ampleur, contre lequel nous nous battons depuis 7 ans! Le projet a jusqu’ici été bloqué mais après de nombreux procès perdus, le SMICTOM, exploitant du site à quelques kms du château de Comper, revient à la charge avec un nouveau permis de construire. Cette histoire est sans fin, deux permis ont été annulés par voie de justice mais aujourd’hui, un troisième permis vient d’être présenté ! Rien ne les fait apparemment reculer. Nous avons besoin de tout le soutien possible alors je me permets de faire circuler l’information. Il est possible d’en savoir d’avantage sur le site des «Sorcières de Brocéliande» ou de contacter l’association «Sauvegarde de Brocéliande» pour de plus amples renseignements !

De plus, je voudrais apporter mon soutien aux indiens Navajo et aux douze autres tribus autochtones qui tentent elles aussi de préserver leur terres sacrées d’un projet de station de ski artificiel. Leurs manifestations rencontrent une opposition violente et vindicative de la part des autorités! Ils sont eux-mêmes venus nous apporter leur soutien et ont contribué aux rassemblements-concerts que nous avons organisé afin de faire entendre notre voix dans le combat pour préserver Brocéliande! Je tiens à les soutenir à mon tour. Merci encore. Kénavo!

Voici quelques liens :

A propos du combat contre un centre d’enfouissement en Brocéliande :
http://dansesorcieres.canalblog.com/
http://www.sauvegarde-broceliande.org/

A propos de pics sacrés:
http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=318
http://wikistrike.over-blog.com/article-les-pics-san-francisco-sacres-pour-plus-de-13-nations-autochtones-ne-doivent-pas-devenir-des-piste-81426172.html

Adresse pour envoyer vos protestations :
council@flagstaffaz.gov
rwilson@azdailysun.com (Arizona Daily Sun Le quotidien de la région de Flagstaff).

Et bien, sincèrement merci Bobs, d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Plein de bonnes choses pour la suite ! Nous ne manquerons pas de suivre ton actualité ! A tout bientôt !

Ce fût un plaisir de pouvoir m’exprimer. Merci à toi pour le regard et l’intérêt que tu accordes à mon travail!

Interview préparée par Kathy pour le Grand Cercle Celtique

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s